Ce que le conseiller vous demandera : comment vous y préparer

Lors de votre première rencontre avec un conseiller, celui-ci cherchera à en apprendre davantage sur vous. Il s’intéressera non seulement à vos finances, mais aussi à votre vie personnelle, car vos habitudes influencent la façon dont votre argent devrait être géré. Apportez donc tous les renseignements pertinents concernant vos finances et préparez-vous à parler de vous-même et de votre vie avec votre conseiller. Après tout, la relation que vous nouez avec votre conseiller se poursuivra sur plusieurs années.

Du point de vue d’un conseiller, les questions aux clients se classent en plusieurs grandes catégories qui peuvent parfois s’entrecouper : situation financière et responsabilités personnelles, objectifs financiers et de retraite, tolérance au risque et attentes en matière de service.

Quelle est votre situation financière?

Il est fort probable que cette question vous soit posée dans le cadre d’une série de questions. Autrement dit, votre conseiller pourrait d’abord vous demander ce que vous possédez et ce que vous devez. Vous pouvez être propriétaire d’une maison, d’un chalet, d’une automobile ou d’une entreprise, mais n’oubliez pas vos REER, CELI et REEE pour vos enfants, ou encore votre police d’assurance vie, ainsi que tout autre placement ou propriété. Pensez ensuite à vos dettes : votre hypothèque ou votre marge de crédit, un prêt-auto ou encore tout solde impayé sur une carte de crédit.

La question suivante risque de porter sur vos revenus et vos dépenses. Votre revenu est votre salaire ou les profits que vous rapportent votre entreprise, vos biens de location ou vos placements, ainsi que tout autre paiement qui vous est remis sur une base régulière, comme dans le cas de prestations d’invalidité ou de pension alimentaire. À quel point ces revenus sont-ils garantis? Est-ce qu’un ralentissement économique ou des changements concurrentiels dans votre secteur d’activité pourraient avoir des conséquences sur vos revenus?

Maintenant, dressez une liste de vos dépenses : services publics, hypothèque, paiements pour la voiture, épicerie, sans oublier les dépenses liées à votre mode de vie, comme les voyages, les repas au restaurant et les sorties. Le fait de distinguer les besoins essentiels des besoins secondaires est un bon moyen d’établir vos priorités. En effet, l’entretien d’un bateau ou l’inscription à un club de golf représente un luxe pour certains, mais une nécessité pour d’autres.

Votre conseiller peut également vous demander si vous avez des personnes à charge, comme un enfant ou un proche souffrant d’un handicap, ou des parents âgés. La planification de votre retraite devra tenir compte de ces responsabilités. Il se peut que votre conseiller vous demande également s’il est possible que vous receviez un héritage, étant donné que cet élément influence aussi la planification.

Quel genre de retraite aimeriez-vous avoir?

La réponse que vous donnez à cette question permet de fixer vos objectifs de retraite. Toutes les retraites ne se ressemblent pas. Ce que certains considèrent être le nirvana peut être un réel enfer pour d’autres. Ce qui importe, c’est de savoir ce que vous aimeriez faire pendant cette période de votre vie. Par exemple, vous pouvez choisir de vivre dans la maison que vous avez terminé de payer, puis de passer quelques mois en Floride chaque hiver. Ou de vendre votre maison et vivre en Floride six mois par année. Ou bien de vendre votre maison, d’acheter un condo et de voyager souvent. Ou encore, de tout quitter pour aller vivre dans le sud de l’Espagne. À vrai dire, ce ne sont pas les options qui manquent : obtenir un emploi à temps partiel, diriger une petite entreprise, habiter chez des proches… et la liste continue.

Votre conseiller aura plusieurs questions de suivi à vous poser en fonction de votre situation actuelle. Souhaitez-vous assumer davantage de responsabilités financières avant de prendre votre retraite, comme payer l’éducation universitaire de votre enfant, ou préférez-vous régler vos dettes aussi vite que possible pour ne plus avoir à vous en soucier à la retraite? Votre conseiller évaluera la situation financière que vous lui aurez décrite et s’efforcera de déterminer si vous devez mettre davantage d’argent de côté, modifier vos placements ou réduire vos responsabilités pour pouvoir vivre la retraite que vous souhaitez dans les délais que vous prévoyez.

Quelle est votre tolérance au risque?

Il est fort probable que votre conseiller vous pose des questions concernant votre tolérance au risque. Le fait de répondre simplement que vous avez une grande tolérance ne mettra pas fin à la discussion. Le sujet est plus complexe. Par exemple, le conseiller vous demandera sans doute de préciser combien d’argent vous avez placé à ce jour, et dans quoi. Il pourra ainsi avoir une bonne idée de votre expérience en matière d’investissement. En général, les personnes qui ont une bonne expérience comprennent mieux les marchés et ont (mais pas nécessairement) une plus grande tolérance au risque.

Il arrive souvent que l’échéancier défini par une personne influence son seuil de tolérance. C’est pour cette raison que le conseiller vous demande d’indiquer le moment où vous souhaitez prendre votre retraite. En effet, si vous choisissez d’arrêter de travailler tôt et que vous avez besoin rapidement de vos épargnes, vous serez moins résistant aux replis des marchés. Le fait de dépendre ou non de vos placements pour vos besoins financiers personnels constitue également un facteur. Si vous comptez déjà sur une partie des revenus générés par vos placements pour couvrir vos dépenses actuelles, il est préférable de limiter les risques.

Votre conseiller vous questionnera sur un autre facteur : votre personnalité. Avez-vous tendance à faire de l’insomnie, à souffrir de stress ou à devenir émotif lorsque vos placements perdent de la valeur, même de façon temporaire? Il vous posera cette question parce que certaines personnes ne peuvent tolérer aucun repli et ont besoin d’un degré de sécurité beaucoup plus élevé que d’autres, peu importe l’état de leur situation financière.

Les attentes en matière de service

Tout comme vous devriez poser des questions à votre conseiller sur les services qu’il vous offre, celui-ci se doit de vous interroger sur vos préférences et vos attentes à ce sujet. Pour créer et maintenir un plan financier solide, votre conseiller a besoin de connaître votre point de vue. Le fait qu’on vous pose la question « Comment puis-je vous joindre si j’ai à vous parler? » est un très bon signe. L’évaluation annuelle (ou plus fréquente) est extrêmement importante. Le conseiller risque de vous demander ceci : « Je communiquerai avec vous au moins une ou deux fois par année pour passer en revue votre portefeuille, mais aimeriez-vous que je vous contacte plus souvent pour des comptes-rendus? »

Finalement, le conseiller voudra obtenir votre avis quant aux suggestions faites au cours de la rencontre : « Avez-vous des questions concernant la méthode de placement que je vous recommande, ou sur un placement en particulier? »

En dernier lieu, le conseiller vous demandera si vous comprenez comment sont appliqués les frais à payer. Son explication devrait être claire : si vous ne comprenez pas certains points, n’hésitez pas à poser des questions, que ce soit sur place ou plus tard. Il s’agit de votre argent et vous avez non seulement le droit, mais l’obligation de savoir comment vous le dépensez, comment vous l’épargnez et dans quoi vous le placez.


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